Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 10:10
Palace
Présent à Cannes, le 17 mai, pour « rappeler le rôle de la CGT dans la construction du palais des Festivals », Bernard Thibault en a profité pour dormir à l’hôtel Majestic, un palace à plus de… 500 euros la nuit. Plus que le RMI mensuel !

http://www.valeursactuelles.com/magazine/carnet/index.php
 
 
Par Oliver Bouillon - Publié dans : coup de coeur
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 10:08
Il parle, Charles ! 
J’ai eu plaisir à revoir dimanche dernier, Chez FOG, (France 5, 13 h 35), Charles Pasqua, dont je fus, parmi d’autres, le “nègre” dans les années 1980. Je l’ai trouvé en forme, détendu, rigolard et lucide, y compris sur lui-même.
Plus lucide même, m’a-t-il semblé, que de mon temps. C’est sans doute qu’il croyait alors devoir s’imposer ce fameux “devoir de réserve” dont Chevènement a donné la meilleure définition : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ! »
Revenu de beaucoup de choses, et notamment des ambitions ministérielles, Pasqua n’a plus de raison de fermer sa gueule : cela nous vaut le premier tome de ses mémoires, Ce que je sais… (Seuil), couvrant la période 1974/1988. Et Dieu sait qu’il en sait, « ce terrible M. Pasqua » comme disait Mitterrand.
Éloquemment sous-titré les Atrides, le bouquin est passionnant – même s’il paraît environ deux décennies trop tard pour être utile.
Les colères et surtout la déception quasi ontologique que lui a inspiré le Président, à quoi bon les révéler maintenant qu’il n’est plus président ? Autant dire “N’achetez pas d’Ami 6 !” trente ans après la disparition du modèle… Je ne comprends toujours pas pourquoi Pasqua a servi fidèlement pendant vingt ans quand même (1974/1995) un type auquel, selon ses propres dires, il avait cessé de croire en 1977…
Mais quand je lui posais la question, il me répondait invariablement comme à un enfant : « Mon petit, vous ne comprenez rien à la politique ! »
Avec le recul, il me semble qu’à lui aussi certaines choses ont échappé. Notamment – et contrairement à la réputation que la presse de gauche lui a faite – le mode d’emploi du machiavélisme.
Sous des aspects de Matamore, de Rodomont ou de Tartarin, se cachait un sentimental volontiers dupe des amitiés et des convictions simulées.
Voilà un mec qui se lance dans la politique en 1968, à la demande de Georges Pompidou, abandonnant ainsi des affaires prospères. Et quarante ans plus tard, comme le lui dit assez rudement FOG : « Tout vous a échappé, Matignon, l’Élysée et même la présidence du Sénat… »
L’explication, à mon avis, est double. D’abord, Charles Pasqua a eu tort d’avoir raison trop tôt. Depuis l’éclosion du FN en 1984, il a prêché dans le désert du RPR que désormais les élections ne se gagneraient plus au centre, mais à droite ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que la récente présidentielle a validé cette analyse. Merci qui, monsieur Sarkozy ?
Et puis, surtout, Pasqua-le-Terrible, bien qu’ayant la gueule de l’emploi, était tout sauf un tueur… Et dans ce job, quand on n’est pas un tueur, on est mort !
Bref, au risque de surprendre – et en tout premier lieu l’intéressé lui-même –, j’aurais tendance à penser qu’au bout du compte, Charles Pasqua a été à la droite ce que Michel Rocard a été à la gauche. Il est, à mes yeux, des comparaisons plus infamantes…
 
 
Par Oliver Bouillon - Publié dans : ils on dit
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 09:51
Du "centre droit " à "l'extrème droite"...Sarkozy à rèussi á fédérer son camp. On a dit qu'il avait su "ramener les électeurs droite, perdus sur les terres extrèmistes de Le Pen " dans les rangs de "la droite républicaine"....

L'analyse de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 25/05/07, me parrait interressante..

"La campagne présidentielle que nous venons de vivre a vu les deux principaux candidats, et notamment celui de la droite, adopter un discours sensiblement différent du discours habituel de leurs camps respectifs. Est-ce que cela correspond vraiment, selon vous, à une évolution profonde de la réflexion politique française ? Je ne suis pas sûr que la réflexion politique française y soit pour beaucoup. Les changements tiennent, me semble-t-il, aux convictions personnelles et/ou aux stratégies politiques des deux principaux candidats dans un contexte marqué par l’écart entre le discours convenable ou dominant et les sentiments profonds d’une large partie de la population.
Plus précisément, on peut dire les choses de la manière suivante : à droite, la nouveauté est très sensible. M. Sarkozy a développé un discours argumenté qui s’est émancipé largement (sinon totalement) de la tutelle intellectuelle de l’opinion dominante sur des sujets essentiels tels que la nation, l’immigration, la sécurité, les normes morales. En la matière, la France est sans doute le pays occidental où le discours public a été le plus “verrouillé” : il y a des opinions convenables et des opinions inconvenantes, un mot de trop et les accusations pleuvent :“raciste”, “sexiste”, “xénophobe”, “homophobe”. Le résultat est que les hommes de la droite “modérée” ont plié devant l’intimidation et ont abandonné le terrain. Le Front national, à sa manière, a contribué à cet état de choses en discréditant par des propos ou des attitudes extrémistes des sentiments raisonnables (l’amour des siens, le souci de la sécurité). Bref, nous avons assisté à la mise en place d’une nouvelle morale, la morale des ayants droit, qui ne reconnaît plus qu’un seul péché mais un péché impardonnable sous ses diverses formes : la discrimination. M. Sarkozy a eu le grand mérite de ne pas s’en laisser conter, de s’en prendre à l’héritage de 68 et de réhabiliter un certain nombre de normes politiques et morales traditionnelles. Ce faisant, il avait pour lui un sentiment assez largement répandu : jugé par ses effets – crise de l’école, menace sur la nation, brutalisation de la société –, le discours convenu et intempérant sur les droits de l’homme, l’antiracisme, l’égalité n’est pas le bon.
En ce sens, il n’y a pas de rupture mais plutôt des retrouvailles : la droite rentre à la maison. Dans la France de ces trente dernières années, il n’y a pas eu d’expérience libérale-conservatrice qui fut une réussite à la manière de celle du président Reagan ou de Mme Thatcher. On peut faire des vœux pour que ce soit le cas de l’expérience Sarkozy. À gauche aussi, les choses ont bougé, mais elles restent plus incertaines. Mitterrand avait choisi l’alliance avec l’extrême gauche. La stratégie a permis au PS de dominer la gauche mais avec, si je puis dire, un boulet au pied : l’influence disproportionnée des opinions extrémistes de gauche qui ont fait obstacle à la conversion pleine et entière du PS à la social-démocratie. Mme Royal s’est engagée dans la voie qui mène à cette conversion, mais elle a agi apparemment avec beaucoup d’improvisation, et son échec ranime à nouveau la guerre des prétendants. À suivre..."

http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/visu_france.php?num=3678&position=0&nb=6&affiche=
Par Oliver Bouillon - Publié dans : ce que j'en pense
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 09:38
S'il est vrai que nous avons d'abord besoin de reformes rapides et que c'est cela que les francais attendent et que c'est pour cela qu'ils ont élus le nouveau président, il n'en est pas moins vrai qu'il nous faut saisir cette chance historique que constitue la renaissance de la Droite francaise derriere le nouveau président pour, au delà  de l'efficacité gestionaire, assoire ce renouveau sur un socle doctrinale...encore á définir... Dans cette optique, la reflexion menée par Christian Combaz dans les colones de la derniére livraison de Valeurs Actuelles (25/05/07), me semble une bonne piste....
 "Le fondement de la nouvelle donne, c’est l’émergence d’une nouvelle génération. Mitterrand a promu – contre ses goûts – celle qui avait 20 ans en Mai 68. Chirac a dû en gérer la ménopause. Aussi est-ce injuste de l’accuser d’« immobilisme ». On fait avec ce qu’on trouve et on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif : la France, au tournant du siècle, n’avait plus de ressort, parce que les soixante-huitards qui en contrôlaient les rouages avaient perdu la foi, ils sauvaient juste les meubles de leur bonne conscience en pourfendant Le Pen, ce faux diable nourri de leurs fantasmes. Sarko l’a mis à la retraite et la gauche hurle en vain à la « lepénisation des esprits », tout le monde a compris que le FN était à la fois son alibi moral et son fonds de commerce électoral. Ce préalable étant levé, il reste à la “droite” – terme générique – à proposer une alternative intellectuelle aux références qui, depuis trois décennies, stérilisent les esprits et réfrigèrent les cœurs.

Tout est à repenser, l’éthique, la politique, la géostratégie, la sociabilité, l’économie, l’articulation des cercles concentriques dessinés par les appartenances. Sommes-nous des Français, des Européens, des Occidentaux ? Comment inscrire le patchwork de nos identités dans notre citoyenneté ? Comment produire et vendre plus en polluant moins ? Quelle pédagogie évitera à nos rejetons, hystérisés par la télé, de devenir des fauves égocentrés, donc amoraux et avides ? Comment recentrer l’État pour en finir avec son impotence d’obèse ? On ne trouvera pas d’issue à ces points d’interrogation si n’émerge des brumes du nihilisme l’ébauche d’un sens de la vie. Rien de moins. Bien entendu, le sens ne se décrète pas, c’est une grâce qui excède les capacités du politique. Tout de même, son activisme peut inciter à sortir de la déprime collective, de sorte que la vie ait au moins de la saveur. J’ai peur de me tromper, mais il me semble que la génération Sarko a le désir de la parfumer. Si elle y parvient, le sens reviendra tout seul."....

http://www.valeursactuelles.com/culture/au_dela/index.php
Par Oliver Bouillon - Publié dans : ce que je crois
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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /2007 10:44
Richard Yung, sénateur PS des francais de l'étranger, annonce fiérement le 22/05/07 sur TV5, qu'à la différence de Nicolas Sarkozy, les socialistes proposent de faire accèder les francais de l'ètranger à la représentation à l'Assemblée Nationale. 
http://www.tv5.org/TV5Site/france2007/index.php?id_f2007=14&actif=11

Je  rappelle juste la réponse du candidat Sarkozy, faite à la question du Sénateur UMP Robert del Picchia publiée le 31 mars sur le site de L'UFE Belgique :
http://www.ufe.be/Presidentielle-2007-Quid-des.html

Quel avenir pour l’Assemblée des Français de l’étranger ? Comment peut évoluer la représentation institutionnelle des Français de l’étranger ? Que pensez-vous de la création de députés de Français de l’étranger ?

Nicolas SARKOZY : La représentation des Français établis hors de France est assurée aujourd’hui par l’Assemblée des Français de l’étranger et ses 153 Conseillers d’une part, et par les Sénateurs des Français établis hors de France d’autre part. Ces hommes et ses femmes ont permis depuis de nombreuses années, de faire prendre conscience aux instances nationales de l’importance pour notre pays de la communauté française expatriée et d’améliorer leur quotidien. Permettez-moi de saluer leur action. Je souhaite bien sûr que ces institutions perdurent. Mais Je souhaite également que soit étudiée la possibilité d’instituer des députés des Français de l’étranger.

S'il est vrai, que c'est l'un des axes du travail du Sénateur Yung, cela l'est aussi pour les sénateurs UMP...

Cette préocupation de donner aux francais de l'étranger une représentation à l' Assemblée Nationale est depuis longtemps clairement affichée par le Sénateur Michel Guerry et reprise dans sa "lettre ouverte au nouveau Président de la République". dont voci l'extrait concernant ce sujet :

Institutions

Par ailleurs, il nous faut rééquilibrer la représentation parlementaire des expatriés et il faut également renforcer les pouvoirs de l’Assemblée des Français de l’étranger pour en faire une véritable assemblée délibérative et autonome.

Pour renforcer ce poids des Français de l’étranger au Parlement, la création de sièges de députés des Français de l’étranger doit être engagée, mais là-dessus, la réforme constitutionnelle sera lourde et il convient de ne rien brusquer.

Aujourd’hui, il y a une véritable volonté, tant au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger que parmi les communautés françaises expatriées que je rencontre régulièrement, de faire évoluer la représentation des Français de l’étranger.

La création d’une Collectivité d’Outre-Frontière pourrait être l’une des solutions d’avenir pour donner une véritable ossature à la communauté française expatriée.

Monsieur le Président de la République, dans votre courrier aux Français de l’étranger vous nous avez déclaré que « En améliorant votre vie au quotidien, en vous assurant une protection maximale, en garantissant vos droits, en renforçant les liens avec la République, je veux que soit pleinement reconnu ce que vous apportez à notre Patrie. »

Vous pouvez compter sur ma mobilisation -ainsi que sur celles des parlementaires UMP représentant les Français de l’étranger- pour soutenir les réformes que vous allez engagées et dont la France a tant besoin.

Nous savons pouvoir compter sur vous pour que les expatriés bénéficient de votre volonté d’améliorer leur vie et qu’ensemble, grâce à vous, tout devienne possible pour les Français de l’étranger ! 

Michel Guerry


La candidate socialiste ne proposant qu' " une vaste réforme de la représentation politique des Français de l’étranger qui reposera sur la représentation des Français de l’étranger à l’Assemblée Nationale et sur la transformation de l’Assemblée des Français de l’Etranger en un Conseil Général des Français établis hors de France, doté de véritables compétences et moyens." 

Si la proposition socialiste semble, a première vue, plus aboutie, il n'en est rien.

En effet, cette réforme, "conscensuelle", néssécite de réviser la constitution :

Art. 24. - Le Parlement comprend l'Assemblée Nationale et le Sénat.

Les députés à l'Assemblée Nationale sont élus au suffrage direct.

Le Sénat est élu au suffrage indirect. Il assure la représentation des collectivités territoriales de la République. Les Français établis hors de France sont représentés au Sénat.

Cet article reconnait le statut des francais de l'étranger et leur ouvre la représentation nationale via le Sénat, les Sénateurs étants élus ( depuis 2006) par les Delegués de L'Assemblée des Francais de l'Etranger (AFE - ancien Conseil Supérieur des Francais de l'Etranger) eux-mêmes élus aux suffrage universel directe par les francais résidants à l'étranger. 

Quel mode de scrutin adopter ( débat plus large sur l'introduction de la proportionnelle aux législatives)? Combien de députés à élire .. 8 à 10 Députés?( un député "pèse" environ 100.000 electeurs - entre 85.000 pour la circonscription la moins peuplée et 150.000 pour la plus peuplée - il y a 834.000 electeurs inscrits sur les registres consulaires  -  Plus de 2 fois plus que sur les registres de la seconde ville de France...et presque autant qu' à Paris, qui envoie 20 députés à l'Assemblèe)? Quel cadre electorale adopter (circonscription electorale reprenant celles definies pour l'élection des Délégués à l'AFE ( 52 circonscriptions) ou en inventer d'autre.. dans le cadre d'une nouvelle structure ayant le statut d'une communauté territorialle (équivalant d'un département) avec des compétences financiéres...( évolution de l'AFE ?)....?

On le voit, le sujet n'est pas simple et les promesses electorales faciles....Assumer ces promesses de candidat est plus difficile et le risque de décevoir plus grand.

Dire honêtement que l'on souhaite engager ...et faire aboutir, une réflexion sur le sujet d'ici au renouvellement de l'assemblée qui sera élue le mois prochain, c'est à dire dans les 5 ans qui viennent... tient plus de la responsabilité que de la démagogie de campagne....

Laisser croire que seul les socialistes ont cette volonté....c'est mentir...pire, utiliser la télévision pour faire passer "la propagande", c'est manipuler les électeurs et être indigne du mandat que l'on a recu....mais c'est aussi faire tomber les masques....

Par Oliver Bouillon - Publié dans : coup de gueule
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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /2007 10:08

Comment Chirac a perdu le gaullisme

17/05/2007 - Hervé Gattegno - © Le Point

C'est l'histoire d'une déception. D'un quart de siècle passé à épauler, conseiller et parfois sermonner Jacques Chirac, Charles Pasqua a tiré la matière de Mémoires en forme de réquisitoire. Dans « Ce que je sais » (Seuil), l'ancien ministre s'institue en conservateur du gaullisme pour dénoncer ceux qui en braderaient l'héritage. Sa principale cible : Chirac lui-même, qu'il décrit en politicien talentueux mais dénué d'idéal, « englué dans un quotidien politico-clientéliste » qui l'aurait détourné de l'essentiel. « Il restera tout à la fois, écrit Pasqua, comme celui qui aura démantelé la Constitution de la Ve République, ce que Mitterrand n'avait pas osé faire, et celui qui a fait disparaître le mouvement gaulliste, ce que Giscard n'avait pas réussi à faire. » Le tome 2 est prévu pour l'année prochaine : il promet d'y régler d'« autres comptes ».


« Extraits »

L'influence de Balladur

Depuis 1983, au lendemain des municipales, Edouard Balladur était apparu en pleine lumière. Manifestement, le rôle de mentor ou de conseiller dans lequel il avait été cantonné depuis le départ de Pierre Juillet et de Marie-France Garaud ne lui convenait plus. (...)

[Il] voulait afficher sa puissance et un statut particulier, cela devant lui permettre d'acquérir la légitimité électorale qui lui manquait, en attendant mieux...

Mais, au-delà même de sa personne, ce qui était survenu et dont nous prenions conscience était le transfert du pouvoir politique qui s'était opéré du RPR vers l'hôtel de ville de Paris, et, concomitamment, une dérive centriste et libérale dans la définition des programmes électoraux.

Nous n'avions pas imaginé cela quand, avec Pierre Juillet et Marie-France Garaud, nous avions poussé Jacques Chirac dans la bataille des élections municipales. Une fois la mairie de la capitale conquise, des moyens de toute nature lui avaient permis de distribuer honneurs, avantages et fiefs à qui bon lui semblait, tel « un nouveau duc de Bourgogne », ainsi que devait l'écrire un chroniqueur.

Du même coup, il s'était ensuivi un certain décalage, dans un premier temps, puis une rupture, plus tard, avec la base et les couches les plus populaires de ce qui était encore le mouvement gaulliste. Ceux qui inspiraient dans une large mesure les décisions, et donc l'orientation du RPR, sortaient tous du même moule : l'Ena. Ils avaient, entre autres traits communs, celui de n'avoir aucune connaissance de ce que pouvait être le monde de l'entreprise ou du travail, coupés qu'ils étaient de la France réelle. (...) La coupure s'opérait donc, par glissements progressifs, entre les élus parisiens du premier cercle, de plus en plus influents dans les organes dirigeants du RPR, et une partie des cadres, des adhérents et des électeurs de province, de banlieue ou des quartiers populaires du mouvement.

Du même coup, Jacques Chirac avait perdu un peu de sa sensibilité populaire, consacré qu'il était à l'accroissement du rayonnement de Paris tant en France qu'à l'étranger. Il s'en remettrait de plus en plus aux raisonnements abstraits et aux analyses de ceux qui l'entouraient.

Dans la perspective d'une victoire probable lors des élections législatives qui auraient lieu en mars 1986, Edouard Balladur l'avait convaincu de l'intérêt, voire de la nécessité de la « cohabitation ». Il avait même théorisé son concept dans un article publié dans Le Monde.

J'y étais par principe hostile car je la considérais contre nature. (...) J'étais donc partisan, dans cette hypothèse, d'une attitude ferme, à tout le moins. Edouard Balladur prônait la modération dans les attaques contre le régime et souhaitait une union, voire la fusion, entre le RPR et l'UDF. Cette idée ferait son chemin...

Au ministère de l'Intérieur

Jacques Chirac fut reçu une première fois le 18 mars 1986 par le président de la République [François Mitterrand] ; il serait nommé Premier ministre le jeudi, non sans avoir tenté auparavant de convaincre Edouard Balladur d'accepter ce poste. Sans succès. (...)

Ma désignation comme ministre de l'Intérieur n'était pas une grande surprise. Ce qui le fut, ce furent les rumeurs d'une opposition du chef de l'Etat à cette nomination. Entendre Jacques Chirac me dire combien il avait fallu batailler pour obtenir ma nomination m'amusait : je savais qu'il n'en était rien. Ma nomination à ce poste était évidemment un choix politique ; il s'agissait avant tout de rassurer l'opinion et de remobiliser les policiers. (...)

Ainsi, le fils d'un « gardien de la paix » qui avait porté le brassard des policiers grévistes pendant le Front populaire devenait ministre de l'Intérieur. La plupart l'ignoraient, François Mitterrand, lui, le savait. Et, comme il y a une part de surréalisme en toute chose, mon portrait irait rejoindre sur les murs ceux de mes prédécesseurs, tel Jules Moch, qui avait fait tirer sur les grévistes en 1948 sur ordre écrit du président du conseil Henri Queuille, dont Jacques Chirac, qui admirait son parcours, était devenu le continuateur politique en Corrèze.

1986, la mort de Malik Oussekine

Jour après jour, la violence des manifestations qu'il nous est demandé de contrôler s'accroît. Le côté bon enfant des premiers défilés [contre le projet de loi Devaquet sur les universités] a disparu. La tâche des forces de l'ordre est compliquée par la présence d'éléments extérieurs au mouvement étudiant ou lycéen, qui ne sont là que pour provoquer et casser. L'opposition et une certaine presse ont beau jeu de dénoncer les brutalités policières. Je suis également obligé d'expliquer fermement à Robert Pandraud que commander les forces de maintien de l'ordre n'est pas suffisant, il lui faut aussi se rapprocher de la presse afin d'expliquer les problèmes auxquels ses services sont confrontés. Cela n'a pas l'air de lui plaire...

Jacques Chirac, le 4 décembre, nous annonce qu'une solution de repli est à l'étude dans les services de Monory et Devaquet, mais qu'elle ne sera dévoilée qu'en fonction de l'importance de la manifestation prévue ce jour-là. Entre-temps, Monory a tenté de voir les étudiants, mais cela n'a servi à rien car, apparemment, ses interlocuteurs n'étaient pas les bons... (...) Nouveau conseil de guerre, mieux vaut en rire, le 5 décembre. La tendance est à la fermeté... pour cause de sondages ! La politique de sécurité et de fermeté incarnée par Charles Pasqua a la faveur des Français. Retirer le texte irait à l'encontre de cette image. Tout cela en devient misérable.

Pauvre pays ! Nous avons perdu quinze jours en atermoiements. La responsabilité de René Monory est considérable car il n'a rien compris à ce qui se passait. Quant à Jacques Chirac, il a tranché, mais pas dans le sens qui convenait...

François Léotard se réveille tout à coup et découvre le risque de coupure avec la jeunesse ! Jacques Chirac se ravise soudain et décide, maintenant, de retirer le texte contesté. Mais, une fois encore, c'est une demi-mesure qui est retenue : René Monory enregistre une intervention télévisée dans laquelle il est censé annoncer que les points les plus contestés seront retirés. Las, sa déclaration est confuse, incompréhensible. Il était écrit que cette affaire ne pouvait que mal se terminer.

Les étudiants, qui n'ont rien compris aux propos du ministre, occupent la Sorbonne, après des heurts sans gravité avec la police. (...) A 1 h 30, le membre du cabinet assurant la permanence de nuit me transmet un appel téléphonique du préfet de police. C'est le drame, un drame affreux. Le peloton des voltigeurs motocyclistes est intervenu contre des casseurs boulevard Saint-Germain à la fin de la manifestation, après l'évacuation de la Sorbonne.

Certains de ses éléments ont suivi un jeune homme qui s'enfuyait, disent-ils, rue Monsieur-le-Prince, l'ont rejoint dans un hall d'immeuble et l'ont roué de coups. Malik Oussekine, étudiant français d'origine algérienne, malade et sous dialyse, frappé par des membres de la police, devait décéder malgré l'intervention rapide des services de secours. (...)

Je mesure immédiatement les conséquences de ce drame pour les forces de police qui, dans leur immense majorité, ont fait preuve de sang-froid. Leur image va être ternie, comme va être ternie l'image du ministère de l'Intérieur, celle du ministre également, qui va être haï par la jeunesse de son pays, alors que...

Jacques Chirac et son gouvernement connaîtront le prix qu'ils auront à payer un soir de mai 1988.

Je rejoins mon bureau ; ce n'est pas le moment de se laisser aller. Les sentiments qui m'habitent à ce moment sont le chagrin et la compassion pour cette famille, mais aussi une colère froide, contre l'entêtement de Monory, les calculs d'épicier de Chirac, contre les dirigeants de SOS Racisme dont on sait bien d'où viennent les financements et les suggestions qui ont excité les manifestants, contre le temps perdu et la malignité de François Mitterrand.

J'avais demandé à Robert Pandraud de répondre aux sollicitations de la presse : il allait se surpasser. Sa déclaration - « Si j'avais un enfant malade et sous dialyse, je ne le laisserais pas sortir la nuit » - est indécente et résonne comme une insulte. (...)

Ministre de l'Intérieur, j'assumais et je continue d'assumer plus de vingt ans après. Mais jamais personne ne voulut reconnaître avoir donné l'ordre au peloton motocycliste d'intervenir malgré mes interrogations pressantes.

1988, Chirac défait par Mitterrand

Au lendemain de cette déroute, car c'est d'une déroute qu'il s'agit, je suis habité par une colère froide. J'ai peu dormi. Je n'ai cessé de revoir les épisodes de la guerre fratricide, dont j'assume ma part, qui a ensanglanté notre camp.

Une énumération de noms, comme autant d'erreurs : Chaban-Delmas contre Messmer, Giscard d'Estaing et Chirac contre Chaban-Delmas, Giscard d'Estaing contre Chirac, Giscard d'Estaing et Barre contre Chirac, Chirac contre Giscard d'Estaing, Barre contre Chirac.

Trois batailles, trois défaites majeures pour nos couleurs, celles du gaullisme. Que de temps perdu et d'énergie gaspillée...

Comment avons-nous pu perdre cette dernière bataille, alors que les Français rejetaient majoritairement le socialisme et nous avaient fait confiance deux ans auparavant ? Ces luttes intestines en sont-elles la cause ? Jacques Chirac était-il un bon candidat ? Comment a-t-il fait pour ne pas voir que ceux qui se détachaient de nous représentaient le courant le plus populaire et le plus régénérateur du mouvement gaulliste ?

Comment a-t-il pu être assez aveugle pour ne pas s'apercevoir que nous nous affaiblissions chaque jour davantage, en raison d'une rupture idéologique qui nous conduisait toujours plus près du ventre mou de la vie politique française, toujours plus près de ceux désignés naguère comme des voyageurs sans bagages ?

Est-il encore capable de voir la réalité des choses ? Je le saurai très vite : le Premier ministre souhaite que nous déjeunions en tête à tête ce lundi, « pour que nous parlions ». Je le rejoins. Il est très amical, mais fébrile ; on le serait à moins...

Très vite, il entre dans le vif du sujet. Il a réfléchi aux suites qu'il convient de donner à cet échec. Il n'envisage pas de prendre la tête du RPR : il veut conserver le socle plus large acquis lors des élections présidentielles. En même temps que je l'en complimente, j'essaie de me persuader que je ne rêve pas. Il me parle des suites de cet échec, et non de ses causes. II me parle de socle acquis, alors qu'il vient d'être battu par un écart de 2 500 000 voix, et qu'au premier tour il n'a pas rassemblé son propre camp !

Le meilleur est à venir. Il enchaîne : il entend placer Edouard Balladur à la tête du mouvement gaulliste, Pierre Messmer et moi l'assistant. Je le regarde, partagé entre hilarité et fureur ! Peut-être est-ce la fatigue ? Sans doute veut-il se détendre en me taquinant ? Je ne suis pas d'humeur... Mais non, sa proposition est tout à fait sérieuse.

Beaucoup de choses me viennent à l'esprit, mais je préfère lui indiquer que tout cela me paraît bien compromis car son candidat n'a pas les convictions et le charisme nécessaires pour diriger le mouvement gaulliste. Il insiste, suggérant que je pourrais le faire élire. Tout cela devient déplaisant.

« Non, Jacques, je ne le peux pas, je ne le veux pas. » Il est tout à coup très ennuyé. Il s'était persuadé qu'il n'y aurait pas de difficultés. Il me demande alors comme une faveur de l'expliquer au ministre d'Etat.

Comme dans une pièce de boulevard médiocre, le voici... Je lui explique pourquoi la chose est impossible, il en prend acte avec un peu d'étonnement et de mauvaise humeur. L'envie me taraude de dire à Jacques Chirac : « Tout cela ne serait pas très convenable, Jacques... » Je m'en abstiens.

La scène suivante est encore plus ahurissante : Edouard indique à Jacques que, dans ce cas , « c'est Charles qui doit être placé à la tête du mouvement car les militants l'adorent ». Jacques opine derechef, avec un peu trop d'allant : « Quelle bonne idée ! »

Me revient en mémoire une remarque faite pendant cette campagne électorale, un soir de réunion où l'assistance avait été particulièrement enthousiaste à mon égard. Se penchant vers moi, Jacques Chirac m'avait dit d'un ton amusé et surpris : « Je pense que c'est toi qui devrais te présenter à ma place... » (...)

Ma réponse fuse : « Quelle bonne idée ! Mais c'est impossible. Je tirerais le mouvement trop à droite... »

Ils se gardent de protester. Ainsi, leur préoccupation première n'est pas de tirer les leçons d'un échec, mais bien de prendre des mesures conservatoires afin de préserver ce qu'ils considèrent être un fonds de commerce. Ma déception est immense. Quelque chose s'est brisé.


Merci Monsieur Pasqua de dire ce que tous les gens de droite pensaient depuis longtemps....Le FN est la créature de F.Mitterand, mais c'est Jacques Chirac qui l a nourri et a favorisé sa croissance....Aujourd hui La Droite est de retour....Merci Monsieur le Président....et aux législatives le Front disparaitra . Il avait su capter les valeurs de droite à son seul profit et constituait la seule vrai option electorale des gens de droite...même si les dérapages verbaux de son leader qui étaient savamant distillés pour augmenter sa couverture médiatique et monopoliser le terrain politique, n 'était pas FORCEMENT du goût des electeurs...aujourd'hui nous avons enfin une Droite, qui n est plus "la plus bête du monde..."...

Par Oliver Bouillon - Publié dans : coup de coeur
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /2007 17:48
Notre table ronde a lieu le vendredi 25 mai!
 
Tous les membres de l'association ou les personnes souhaitant connaître l’association
peuvent se retrouver tous les derniers vendredis du mois
pour  boire et/ou manger dans une ambiance sympathique,
 
 le tout en parlant français bien sûr !
 
Rendez-vous au "Alt Fürtstätt", Fürtstätt 17, 83022 Rosenheim à partir de 19 heures 30 
 
Par ailleurs nous poursuivons notre bibliothèque tournante.

 
Merci de vous inscrire auprès de sandra@france-contact.org
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Par Oliver Bouillon - Publié dans : quoi de neuf ?
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /2007 13:12
j'y pensais...je l'ais fait

un blog pour dire ce que je pense, echanger avec les autres sur les sujets qui m'interressent et qui peut etre vous interressent aussi...D'accord, Pas d'accord.. peu importe...Internet c'est l'Agora, le Blog .. le Forum. Ici pas de limitation de distance. Que vous soyez pres de chez moi....ou sur le territoire national, échangeons nos points de vus, informez vous de mon actualité.. ce blog est la pour cá...Pour ma part, j essaierais d'y être le plus présent possible... La seule règle que je NOUS impose...Courtoisie et respect de la liberte d opinion de chacun...une aventure commence...vivons la ENSEMBLE...
Par Oliver Bouillon - Publié dans : quoi de neuf ?
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