J'ais écouté hier après midi le discours d'ouverture de la 13ième législature , prononcé par le doyen d'âge.
Loic Bouvard, 76 ans, député maire, réélu sans discontinuer depuis 1973....
L'homme est assurement un sage, son discours le montre, et s'il est systématiquement réélu, siègeant tour à tour dans la majorité, puis dans l'opposition, au gré des fluctuations
d'opinion de ces
35 derniéres années, c'est assurement qu'il est apprécié de ses électeurs.
Néanmoins, je ne puis m'empècher de penser , malgré ce magnifique contre exemple, que la situation n'est démocratiquement pas saine...
Au-delà de deux mandats, s'installe forcément la routine, les habitudes...les petites et les grandes compromissions pour obtenir plus ( 9 ans de vice-présidence de l'Assemblée Nationale pour
M.Bouvard), l'attrait du confort.....quitte à perdre son indépendance,
renoncer à son devoir d'alerte, de contrôle...on devient "un godillot"..si docile que l'on
passe sans encombre l'épreuve du temps, sous des personnalités, des styles, des politiques aussi différentes que celles de VGE, Chirac ou Sarkozy à la présidence ou Fillon, de
Villepin, Raffarin, Jupé....Barre comme premier ministre. On est toujours d'accord avec tout. On ne trouve rien à redire à rien .On fait où on nous dit de faire et comme on nous dit de
faire...
Ce n'est pas un hasard si les sentinelles sont relevées toutes les quatre heures....
Un Président, un maire, un député....veux toujours révolutionner le monde lors de son premier mandat... et le plus souvent il y parvient. Au second , le rythme se ralenti le plus
souvent et la voix devient moin forte... Après, ou l'on perd son mandat, ou l'on fait de la soupe....L'important n'est plus de faire de la Politique au sens de participer au débat de la Chose
Publique, mais de faire de la politique au sens de profiter d'une facon ou d'une autre de la cuisine politicarde et de récupérer quelques miettes, parcequ'on ne sait, ne peut, faire que
cela.....Condanner à mouiller sa chemise un ou deux mois tous les cinq ou six ans et à danser devant les électeurs pour avoir la paix les cinq années suivantes...
Est ce cela la Politique...
Comment s'étonner du discrédit des hommes politiques de droite et de gauche confondus.
On dit que les francais on perdu confiance dans La Politique, mais ils ont prouvé leur intéret pour la Chose Publique lors des derniéres présidentielles.
De plus la multiplication des organisations "hors partis", le developpement des mouvement dits "citoyens" de ATTAC à Emmaus, en passant par "ni pute ni soumise", le
devellopement des votes extrémistes, l'interet pour le "hors systeme", la multiplications des "forums" sur le net montrent au contraire que les francais ont repris l'iniative du
débat et l'on soustrait aux hommes politiques...
Le débat n'a plus lieux là où il le devrait...
la faute á qui??
Mais heureusement , en politique, rien n'est jamais acquis. Même des "rentes" peuvent se perdrent... Le peuple peut toujours reprendre ce qu il a donner....
Ainsi, un ancien premier ministre, ancien patron de parti, nouveau Ministre d'Etat, numéro 2 du nouveau gouvernement...celui á qui le peuple "devait" son élection (
il fallait tout
de même encore en passer par lá pour les apparences...) peut encore mordre la poussière...
Et pourtant cette défaite est certainement
injuste et l'homme pas aussi mauvais que son image dans les médiats...mais c'est la dure loi ("lex, dura lex!!),
en politique ,
aussi, et peut être plus qu'ailleurs....
rien n'est acquis!!
D'autre, qui pensait aussi être vissé á leur siège ont vraiment sentit le vent du boulet et se sont fait suffisement peur pour " aller au turf" et mettre les mains dans le cambouit.
Ainsi de Dominique Strauss-kahn, "élephant " du PS, candidat à la candidature pour la présidence de la république de son parti, candidat affirmé à la direction
du PS, plébicité par une large partie des sympathisants de gauche et du centre , figure potenciel de la recomposition du paysage politique francais post -présidentielles était,
affront du bon peuple, en ballotage défavorable au soir du premier tour.
Jupé est mort pour 650 voix d'écart, même sa concurante n'y croyait pas.
Strauss-kahn lui a connu la semaine la plus dure de toute sa carriére.
Il a du aller chercher ses voix une par une !! De son propre aveux, 15 cages d'escalier par jour... c'était le maximum qu'il pouvait faire ...
Quinze cages de 10 étages à 4 appartements par étages et 3 électeurs par appartement en moyenne....pendant 7 jours.....L'enfer!!! Mais aussi 1600 voix potencielles visitées par jour, 12.600
en 1 semaine (
un quart des inscrits).
Au final une victoire á 55% des votants...
in extremis !!
C'est pour avoir oublié que
La Politique c'est tous les jours, que la campagne est "permanente", que les hommes politiques ( la caste..) ont éte
laché par les francais et son battus.
On pourrait éviter cela en renouvellant plus souvent les têtes, en interdisant le cumul et limitant á deux ou trois les mandats successifs, pour avoir toujours du sang neuf, pas de vieux soldats
fatigués aspirant á une retraite dorée ( comme dans la Rome antique).
C'est aussi par qu'ils occupent en permance le terrain que les militants "hors systéme" se font entendre...(toujours dans la Rome antique, ce battre sur "les marches" était le
meilleur moyen de devenir citoyen de Rome )
Les allemands ont un dicton: ...après l'élection...l'élection!
La campagne ne s'arrête jamais. Une élection se prépare trés longtemps à l'avance...et la campagne monte en puissance...jusqu'á aller chercher les derniéres voix une par une...